Mortelle perruque ?

La perruque est à nouveau à la mode. Ses versions légères comme les extensions et les potiches, sont les plus répandues mais la perruque intégrale, qui recouvre toute la tête, a de nouveaux des adeptes. Ce retour a été rendu possible grâce à des marques américaines comme Lace qui ont développé des techniques d’accroche invisibles: raie au milieu ou queue de cheval, la perruque est devenues indétectable.

Version Fashionista

Version Grand Siècle

Chantal Biya, éternelle première dame du Cameroun et grande amatrice des perruques gigantesques, serait tout à fait à sa place dans l’Angleterre des années 1770s. C’est à cette époque que, sous l’influence de la mode Rococo Française, “les chevelures des dames se mirent à s’élever jusqu’à des hauteurs extravagantes”. Cet allongement de la silhouette a complètement redéfini les proportions du corps ; on cite des cas où la bouche se retrouvait à mi-chemin entre le sommet de la coiffure et les pieds.

Vivre avec sa perruque

Une chevelure de 1 mètre de haut, cela change tout. Par exemple, dans les transports: à l’époque, les chaises à porteurs durent s’adapter à la taille de ces monstrueux édifices. Des noms fantaisistes furent donnés aux créations de plus en plus folles des coiffeurs et perruquiers très demandés et si chers que même les dames riches ne pouvaient avoir recours à leurs services plus d’une fois par semaine. Aussi dormaient elles souvent assises pour préserver leur coiffure.

Ou dans l’architecture des habitations : Le toit de la très vénérable Cathédrale Saint Paul de Londres dû être surélevé de 1m20 en 1776 afin que la bonne société puisse circuler sans crainte d’embrasement capillaire.

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Mourir de sa perruque

Les perruques étaient construites avec du crin, de la laine et des faux cheveux. Ces échafaudages capillaires étaient très lourds et causaient fréquemment des migraines. Pour les alléger, on créa des structures métalliques creuses sur lesquelles on enroulait les cheveux, faux et vrais, en les mélangeant. L’ensemble était enduit de pommade, puis poudré avec de la farine teintée à la couleur désirée : rose, bleue ou blanche. Le saindoux appliqué à la base de la perruque lui permettait d’adhérer à la tête.

Ces coiffures, étaient gardées plusieurs mois. Elles devenaient donc de véritables repaires à vermines infestés de poux et de puces. Le saindoux attirait les souris, qui se nichaient parfois à l’intérieur de ces postiches élaborés ! D’où l’accessoire indispensable de toute personne de qualité : une baguette munie à son extrémité d’une petite main en ivoire ou en argent pour soulager les démangeaisons intolérables de son cuir chevelu.

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Si vous aviez réussi à survivre aux les infections et à supporter les migraines il vous restait encore à éviter de mettre le feu à la maison. Les perruques avaient pris tant de hauteur qu’elles finirent par rencontrer les lustres qui pendaient aux plafonds. Les lustres qui étaient garnis de bougies …  Et le grand lustre du salon n’était pas la seule menace : pas question de pencher la tête à côté d’un chandelier ou d’approcher la lanterne pour mieux voir dans les escalier. On rapporte de nombreux incendies et décès causés par ces incroyables chevelures.

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En 1795 le gouvernement imposa une forte taxe sur la poudre de cheveux, ce qui sonna le glas d’une pratique qui avait déjà commencé à passer de mode.

 

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